La bataille du Granique : l'offensive

Publié le par Tréguier

 

 

La bataille du Granique : l'offensive
 

 

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Voici comment il est possible de reconstituer cette bataille où la cavalerie perse a fait la preuve de son incapacité à se mesurer aux Compagnons d'Alexandre... Cette bataille est la première qu'Alexandre a livrée sur le sol asiatique, en 334 av JC. Le Granique est un très petit cours d'eau toujours guéable, excepté après les grandes pluies qui le transforment en torrent, mais dont la rive droite assez escarpée offre un obstacle sérieux à l'attaque.

Alexandre qui, depuis son débarquement, se fait précéder d'une avant-garde de troupes légères, est bientôt averti par ses coureurs de la position choisie par le chef des Satrapes locaux, Arsitès. Il marche droit sur le Granique (aujourd'hui Kocabas) sur quatre colonnes : celles du centre comprenant les hypaspistes et les taxeis d'hoplites, celles des flancs, la cavalerie lourde soutenue par la cavalerie légère et les archers.

Arrivé à proximité de son adversaire, le roi de Macédoine examine la position. Il voit que la cavalerie perse est développée sur le bord du Granique qu'elle ne peut se défendre que passivement, que l'infanterie se trouve au contraire placée plus loin en arrière et couverte par les troupes à cheval. Alexandre résout d'opérer par sa droite, de pousser vigoureusement l'attaque sur l'aile gauche, là où il voit réunis les plus grands personnages ennemis, d'appuyer ce mouvement par le reste de sa ligne en échelons et de refouler la cavalerie sur l'infanterie, avec ses phalangites soutenus par ses escadrons.

Mais il est important, pour la suite de ce plan, de ne pas se laisser déborder.

On se règle sur la colonne de droite qui prend sa direction vers la gauche d'Aristès ; les autres marchent à leur distance de déploiement et se reforment en bataille par un double mouvement rectangulaire.

La ligne étant établie, Alexandre ordonne d'attaquer par divisions successives, l'avant-garde formant la partie avancée ; les autres troupes s'éloignant de plus en plus de l'adversaire jusqu'à l'aile opposée commandée par Parménion.

Mais l'encaissement des rives, la position dominante des Perses, l'effet meurtrier des flèches rendent l'action de l'avant-garde infructueuse ; elle doit reculer. Alors Alexandre se précipite dans la rivière à la tête de sa cavalerie lourde, les Grecs le suivent en criant : "Ennualios ! Ennualios !" qui est un autre nom pour le dieu de la guerre, Ares ; soutenue à droite par les archers, à gauche, par la cavalerie légère, tandis que les troupes refoulées, obliquant à droite, cherchent à tourner complètement la ligne d'Aristès.

" Si tu te trouves en guerre, arrange toi pour que le soleil et le vent soient avec toi et non contre toi. " Alexandre le Grand.

Il y a en ce point une grande mêlée ; les Perses ont pour eux l'avantage de la position, les Macédoniens, la supériorité de l'armement. De plus, Alexandre a attendu l'après-midi pour combattre, ainsi les Perses sont éblouis par le soleil qui se trouve désormais en face d'eux, distinguant mal leurs adversaires, ils perdent l'avantage de la position qu'ils maintenaient ; les Macédoniens triomphent, forcent la ligne et facilitent ainsi l'attaque des parties collatérales, composées du reste des troupes moins belliqueuses.

Parménion, pendant la lutte, reprend sa marche en avant, il arrive à hauteur d'Alexandre et le front est reformé. L'infanterie gréco-asiatique, qui n'a pas encore pris part au combat, se voit alors livrée de face aux attaques du centre macédonien, dont l'effectif dépasse le sien, et de flanc, aux efforts combinés de la cavalerie d'Alexandre et de Parménion. Elle est taillée en pièces presque sur place après une résistance désespérée. Cette dernière propose de se rendre, mais comme la plupart de ces fantassins sont des mercenaires grecs, Alexandre refuse et il les fait mettre à mort en tant que traîtres. D'après Diodore, les Perses perdent 2 000 cavaliers et 10 000 fantassins. Le chiffre des cavaliers tués est relativement faible, mais un grand nombre de chefs tombent sous les coups des compagnons d'Alexandre. De plus, la destruction totale du corps d'hoplites amène la ruine de l'infanterie de Darius.

Les pertes du côté d'Alexandre sont peu considérables. On hésite à ajouter foi aux récits des historiens anciens qui ne mentionnent que 85 cavaliers et 60 phalangistes tués à l'attaque d'une position qui, selon eux, fut vaillamment défendue.

La bataille du Granique se réduit donc à un passage de rivière opéré par des troupes légères avec une aile renforcée et dans un ordre oblique ; la marche en diagonale avant l'abordée se transforme en une attaque en échelon exécutée par taxeis, dès que la droite a déboîté suffisamment pour n'avoir plus à redouter une attaque de flanc.

Toutes les chances de la victoire résident alors dans le succès du combat qu'Alexandre livrait avec sa cavalerie lourde soutenue par sa cavalerie légère et les archers.

 

La grande faute des Perses réside dans le mauvais ordre de bataille adopté. La cavalerie est condamnée à l'immobilité, percée en un point et débordée, elle est forcée à la retraite, compromettant la deuxième ligne trop rapprochée, y jetant ainsi le désordre, devenant eux-mêmes la cause de leur propre désastre. Se livrant ainsi sans défense aux mouvements combinés de la phalange et des îles macédoniennes.

Il emporte donc la victoire du Granique sur une armée perse mal organisée, incapable de coordonner les actions de la cavalerie et de l'infanterie.
 
 

Plan de la bataille du Granique :
 

Légende de la bataille du Granique : 

¤ Cavalerie lourde :

M : Cavalerie macédonienne 

C : Cavalerie confédéré

T : Cavalerie thessalienne

¤ Cavalerie légère :

s : sarissophores 

p : péoniens

t : thraces

¤ Infanterie de ligne :

H : hypaspistes 

: hoplites

¤ Infanterie légère :

i : infanterie légère
 
 

¤ Couleurs :

En noir : Phase 1 : Déploiement

En violet : Phase 2 : Attaque contre la cavalerie perse.

En rouge : Phase 3 : Attaque contre l'infanterie perse. 
 
 
 
 

Effectifs

Macédoniens    Perses 
     
Infanterie    Infanterie 
Hoplites (8 taxeis)    9 000   Hoplites grecs  10 000
Hypaspistes   3 000   Fantassins asiatiques    8 000
Alliés    7 000    
Infanterie légère  11 000  
Total de l'infanterie 30 000 h    Total de l'infanterie  18 000 h
     
Cavalerie    Cavalerie 
Cav. macédonienne    1 500   Cavaliers perses  20 000
Cavalerie lourde    2 100    
Cavalerie légère       900  
Total de la cavalerie    4 500   Total de la cavalerie  20 000
 
Total  34 500 h   Total  38 000 h
 
Pertes    Pertes 
fantassins   60   fantassins 10 000
cavaliers   85   cavaliers      2 000
Total  145 h   Total  12 000 h

Ce texte est inspiré par les pages du site Miltiade. Que son auteur en soit remercié.

Publié dans Les deux armées

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miltiade 08/02/2007 23:55

Un petit bonjour de miltiade,
l'auteur du site : http://perso.orange.fr/miltiade/
Merci pour cette évocation, je me demande tout de même si le Roi des rois portait le titre de Shah comme on le lit ici :
http://20mmsoldiers.over-blog.com/categorie-237979.html
il me semble qu'il faut attendre la dynastie sassanide pour trouver ce nom.
Cordialement
miltiade
 
 
 
 

pioto 09/12/2006 12:18

Bonjour,
 

Comment peut-on vous contacter car je suis passionné du 72eme et de l'antique et je ne crois pas avoir vu votre adresse mail ?
 

je vous mets la mienne
nicolas.pierre-yves@neuf.fr
ou pierreyves.nicolas@orange.fr
 

Cordialement et bravo pour votre site !
 

 

Tréguier 01/02/2007 09:52

Je suis à l'adresse suivante : etreguier@chello.frMerci.